LA PATROUILLE DE LA PROMENADE

Cet après-midi là, le ciel avait cette pâleur laiteuse qui adoucit les contours du monde. Quelques rayons timides glissaient entre les nuages, caressant nos épaules d’une lumière hésitante, promesse fragile d’un soleil qui n’osait pas encore régner.

Les chemins et routes semblaient avaler nos pas sans grande difficulté, ainsi va une marche tranquille, mais lorsque nous croisons un groupe de randonneurs assez connus, nos regards sur leurs chaussures nous laissent dubitatives, en effet un chemin qui n’avait rien de timide nous attendait au tournant. ce sentier de boue, traîtresse et rieuse, mettait nos pas à l’épreuve, testait nos équilibres, volait presque nos appuis ; on glissait, on riait, on se ratrapait, nos chaussures de randonnée, alourdies de souvenirs terreux en garderons la mémoire.

Heureusement, il y a des moments plus doux comme cette pause douce comme un soupir, la pâte de coing, soleil concentré dans sa chair ambrée, un petit trésor tendre et moelleux en bouche. Merci au généreux donateur.

Ainsi s’écoula l’après-midi, dans un tissage de pas de voix et de sourires. Un de ses moments qui ne font pas de bruit en entrant dans notre mémoire mais qui y laisse une empreinte lumineuse.

Béatrice

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