Des canards immobiles, des chevaux curieux et un ruisseau capricieux

Nous étions 23 patrouilleurs rassemblés aux abords de la mairie de Saint-Symphorien-des-Bois pour entamer notre randonnée du jour : 11 km au programme avec un modeste dénivelé d’environ 210 mètres… bref, de quoi ouvrir l’appétit sans affoler les mollets.

Avant même d’arriver sur le lieu de départ, les regards étaient rivés sur nos applications météo préférées et les discussions allaient bon train :
« La mienne annonce de l’orage ! » disait l’un…
« La mienne prévoit du beau temps ! » rétorquait un autre.
Bref, chacun avait sa météo… et son pronostic ! À ce stade-là, il ne manquait plus qu’un météorologue officiel pour arbitrer le débat.

Le top départ fut finalement donné sous un temps couvert mais beau (et surtout sans pluie), et notre petit groupe entama cette déambulation champêtre avec entrain.
La campagne rayonnait malgré cette chape de nuages de ce début de mars et les chemins étaient propres et presque secs, grâce aux belles journées des semaines précédentes… ce qui, entre randonneurs, mérite presque une minute de silence tant c’est devenu rare.


Au fil du parcours, nous sommes passés devant une mare où quelques canards semblaient d’un calme olympien à notre passage. En y regardant de plus près… surprise ! Ce n’étaient que des faux : un joli trompe-l’œil qui a bien amusé la troupe. Certains ont même cru qu’ils méditaient… avant de comprendre qu’ils étaient simplement en plastique.

Un peu plus loin, nous avons traversé un véritable corridor animalier.
D’un côté, deux brebis Suffolk qui, en nous voyant arriver, ont préféré prendre leurs distances et se réfugier au milieu du champ… probablement pour éviter les questions sur la qualité de la laine.
De l’autre côté, de magnifiques chevaux de trait breton, beaucoup plus sociables, sont venus à notre rencontre comme pour nous souhaiter la bienvenue… ou vérifier si quelqu’un avait apporté des carottes dans le sac à dos.

En passant dans le hameau de Saint-Georges, nous avons fait halte devant une petite chapelle, édifiée dès le Xᵉ siècle. Certains patrouilleurs, ne laissant rien au hasard, sont même entrés à l’intérieur pour adresser une petite prière afin que le beau temps se maintienne.

Et visiblement… cela a fonctionné ! Comme quoi, météo et spiritualité font parfois bon ménage.

À quelques pas de la chapelle coule la fontaine de Saint-Georges. Dans les croyances populaires d’autrefois, ses eaux étaient réputées posséder des vertus guérisseuses. On venait notamment y chercher un remède pour les enfants atteints de certains maux, comme l’épilepsie ou le rachitisme.

Entre spiritualité, traditions populaires et petite halte de randonneurs, ce coin de patrimoine conserve encore aujourd’hui une belle part de mystère… et désormais aussi un souvenir de notre passage.

La dernière petite péripétie de la journée est venue pimenter la fin de la randonnée : la traversée d’un ruisseau sur des pierres plutôt instables.
À ce moment-là, j’ai dû poser mon appareil photo pour venir prêter main-forte à certaines de nos adhérentes afin de franchir l’obstacle en toute sécurité. Une opération de haute précision, digne d’un guide de montagne… mais avec beaucoup plus de rires.

Une petite aventure qui aura ajouté une touche d’adrénaline… et quelques éclats de rire à cette belle sortie.

Bilan de l’après-midi :
11 km parcourus,
23 randonneurs revenus au point de départ,
aucun bain forcé dans le ruisseau
et des faux canards qui, eux, n’ont toujours pas compris pourquoi ils ont été observés avec autant d’insistance.

Et déjà la question sur toutes les lèvres :
« On va où la semaine prochaine ? »

Jean-Marc

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