« Neuf randonneurs, trois vachettes, deux ânes, un triticale poilu et une Vierge qui nous boude : une journée presque normale à Gibles ! »

Ce mardi 9 juin, sous un ciel menaçant qui semblait hésiter entre la douche froide et la clémence, neuf courageux adhérents seulement avaient répondu à l’appel pour cette randonnée de 13,3 km autour de Gibles.
Dès le départ, un constat s’impose : la parité était partie en vacances. Avec six adhérentes pour seulement trois adhérents, les hommes étaient en nette infériorité numérique. Pour une fois, le masculin n’avait pas vraiment l’avantage et les messieurs ont rapidement compris qu’ils avaient intérêt à filer droit ! 😉


À peine avions-nous commencé à user nos semelles que trois jeunes vachettes vinrent à notre rencontre. Manifestement intriguées par cette étrange migration de bipèdes équipés de bâtons, elles sont venues inspecter la troupe avec beaucoup de sérieux. Après contrôle visuel, elles nous ont finalement laissé poursuivre notre route.


Les paysages autour de Gibles se sont révélés aussi variés que magnifiques : des collines couvertes de feuillus, des vallons verdoyants et de vastes champs dorés où une question existentielle allait bientôt secouer le groupe :
« Mais au fait, c’est du blé ou du triticale ? »
S’ensuivit un débat passionné digne des plus grands colloques agricoles internationaux.
Heureusement, un(e) spécialiste autoproclamé(e) du groupe dont le nom restera classé secret défense prit les choses en main :
« Le triticale est plus poilu ! »
Cette explication scientifique d’une rare précision mit rapidement tout le monde d’accord.


À gauche : le triticale. À droite : le blé.
Pour les futurs experts :
- Le triticale, hybride du blé et du seigle, arbore généralement un épi plus allongé et des barbes plus fournies.
- Le blé présente souvent un épi plus compact.
Grâce à cette formation accélérée, notre club compte désormais plusieurs spécialistes capables d’identifier un épi à dix mètres… enfin, dans de bonnes conditions de luminosité. 😄

Plus loin, deux ânes nous observèrent brièvement avant de conclure que leur déjeuner était nettement plus intéressant que notre passage. Ils retournèrent donc à leurs occupations gastronomiques sans même nous accorder un selfie.


Puis arriva LE moment de la journée.
Celui que certains attendaient peut-être depuis le départ.
Le déjeuner !
Les sacs s’ouvrirent dans un bruissement de papier aluminium et de boîtes hermétiques. Installés près de l’étang des Clefs, nous avons savouré ce repas bien mérité sous un soleil enfin décidé à participer à la randonnée.
Les conversations allaient bon train, les gourdes se vidaient, les desserts disparaissaient mystérieusement et personne ne semblait pressé de repartir.
Mais toute bonne chose ayant une fin, il fallut reprendre la route.

Sur le chemin du retour, nous sommes passés non loin de la Vierge de Charmont. Fidèle à sa réputation, elle nous tourna majestueusement le dos. Un signe ? Une invitation à poursuivre notre route ? Ou simplement l’expression d’une certaine lassitude face au passage incessant des randonneurs ? Le mystère demeure.
Au terme de cette belle journée, chacun est rentré avec quelques kilomètres dans les jambes, des souvenirs plein la tête, une meilleure connaissance des céréales et, pour certains, l’envie irrépressible d’aller examiner les champs de blé du voisin.
Une randonnée où l’on aura marché, appris, ri, mangé... et surtout vérifié qu’un triticale est bien plus poilu qu’un blé !
Jean Marc

